lundi 26 mai 2014

Retrouver ses sensations alimentaires - Partie 3

Déguster de tous ses sens

Parce qu’à force d’enchaîner restrictions et compulsions, nous finissons par perdre le goût des choses, Katherine Kuréta-Vanoli pratique dans son cabinet des instants de « dégustation ». Elle demande au patient d’apporter un aliment qu’il apprécie particulièrement et lui propose de le manger avec elle, selon un rituel précis.
 
Objectif :
Mobiliser tous les sens. La vue, d’abord. Le patient décrit l’aliment, l’emballage s’il y en a un, la couleur, la forme. Une expérience récente menée par des psychologues suisses a déterminé que la vue joue un rôle essentiel dans la régulation de l’appétit et de la prise alimentaire (en faisant dîner des convives dans une obscurité totale, des chercheurs ont amené la moitié d’entre eux à engloutir d’énormes rations, jusqu’à 30 % plus importantes que la normale (Appetite, octobre 2010)).
 
Le toucher, ensuite.
Quelle en est la texture : tendre, dure ?
Puis vient l’odorat, primordial pour la diététicienne : « La mémoire olfactive permet de réveiller des émotions liées à l’enfance ou à nos proches, et qui en disent beaucoup sur les raisons qui font qu’une barre chocolatée soit devenue un refuge. »
 
Enfin, le goût. Le patient est invité à mordre dans le biscuit, par exemple, à le faire tourner dans sa bouche pour en déguster toutes les saveurs, et ensuite à le faire descendre doucement dans sa gorge. « Très souvent, mes patients trouvent que l’aliment n’a pas le même goût que chez eux !
Pourtant, c’est exactement la même tablette de chocolat ou le même gâteau. Simplement, en le dégustant, ils ont pris conscience de ce qu’ils mangeaient vraiment. »
 
Résultat : « Le plus souvent, ils n’arrivent même pas à le terminer. » Renouer avec ses sensations alimentaires, c’est en somme prendre le temps d’écouter les messages de son corps. Se souvenir que l’acte de manger est une nécessité biologique que notre esprit n’a pas à contrôler, sous peine de brouiller les messages. C’est aussi s’autoriser à éprouver du plaisir. Celui de calmer sa faim autant que de se délecter de ses mets préférés.
 
Renouer avec le plaisir ?
Une perspective bien plus réjouissante que celle de se priver de tout.

Le plaisir pas à pas

Un accompagnement sur-mesureLes régimes mettent à mal nos réflexes et nos sensations alimentaires. Vous en avez assez des restrictions qui se soldent le plus souvent par des craquages et des kilos supplémentaires ? Vous souhaitez perdre du poids sans faire de régime ? C'est ce que propose le programme Linecoaching, mis au point par le psychiatre-psychothérapeute Gérard Apfeldorfer et le nutritionniste Jean-Philippe Zermati, experts en comportements alimentaires.
Les nutritionnistes membres du Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (Gros) fondent leur travail sur les sensations alimentaires. Quelques conseils parmi ceux qu’ils prodiguent à leurs patients.
 
Avant le repas
Attendre d’avoir faim pour manger.
Ne pas démarrer la journée en prévoyant de se restreindre.
 
Pendant le repas
Ne pas se forcer à finir son assiette, s’arrêter au moment où le plaisir disparaît.
Se consacrer entièrement à son repas (pas de télévision, ni de livre ni de radio).
Prendre le temps de déguster les aliments, de les regarder, de les sentir, puis les manger doucement.
En cas d’envie d’une collation entre les repas, s’obliger à s’asseoir pour la manger et la déguster.
 
Après le repas
Noter dans un carnet ce que l’on a mangé et ce que l’on a éprouvé à ce moment-là comme émotion.
Ne pas se reprocher ce qui a été mangé avec excès.
Se rassurer en se disant que l’on attendra d’avoir vraiment faim pour prendre le repas suivant.
 
http://fome-cuisine.blogspot.com/2014/05/retrouver-ses-sensations-alimentaires_5832.html

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire