lundi 26 mai 2014

Retrouver ses sensations alimentaires - Partie 1

Régimes, interdits, grignotages brouillent les signaux de la faim et de la satiété, et nous poussent à manger n’importe quoi, n’importe quand. Une psychologue et une diététicienne nous expliquent comment écouter les messages de notre corps pour en finir avec les excès sans renoncer au plaisir.
 
« Avant de commencer une thérapie, j’avais l’impression d’avoir faim tout le temps, confie Alexandra, 35 ans. Je mangeais beaucoup, convaincue que j’en avais besoin pour éviter d’avoir faim deux heures plus tard. » Depuis l’âge de 13 ans, William, 38 ans, suit des régimes : « Je n’ai vécu que des périodes de rémission entre deux diètes. » De ces années de privation, il garde aujourd’hui une incapacité à identifier sa faim ou à la respecter : « Je mange pour me détendre, pour m’occuper les mâchoires quand je m’ennuie, pour combler le vide, bref, sans jamais avoir faim. Cela m’angoisse. »

La restriction : mère de tous les maux ?

Michelle Le Barzic, psychologue clinicienne et auteure avec Marianne Pouillon de La Meilleure Façon de manger (Odile Jacob, 1998), rappelle que ce type de comportement trouve généralement sa source dans la petite enfance : « L’attitude des parents, notamment de la mère, face aux besoins de l’enfant va permettre la mise en place d’un comportement alimentaire régulé qui perdure à l’âge adulte. » Si elle l’observe attentivement et qu’elle est à son écoute, elle comprend très vite que tous les pleurs ne sont pas la manifestation de la faim. En s’adaptant à son rythme et en répondant de manière appropriée à ses demandes – un biberon s’il a faim, un câlin s’il est triste, un change s’il est sale –, elle lui apprendra à reconnaître la satiété et à éprouver le bien-être que celle-ci procure. Cependant – et même si tout s’est bien passé dans les premiers mois de la vie –, l’attitude face à l’alimentation peut se gâter plus tard, par exemple si l’enfant se voit consolé par un bonbon ou un morceau de chocolat dès qu’il se fait mal.
 
Pour la psychologue, la cause des maux alimentaires réside surtout dans la restriction cognitive, ce mécanisme psychologique qui consiste à décider de moins manger parce que, un matin, nous avons du mal à fermer notre jean. L’intention de se restreindre provoque alors une frustration qui coupe de ses envies et de ses besoins. « Après s’être forcé à déjeuner d’un poisson à la vapeur plutôt que d’une appétissante blanquette de veau, impossible de ne pas craquer le soir devant le réfrigérateur », résume Michelle Le Barzic. La culpabilité mène tout droit à la tablette de chocolat en fin de repas. Tablette que nous n’aurions même pas regardée si nous avions écouté nos envies à l’heure du déjeuner.
 
http://fome-cuisine.blogspot.com/2014/05/retrouver-ses-sensations-alimentaires.html
 
 

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